« Félicitations, tu deviens gestionnaire. »
C’est souvent comme ça que le problème commence.
Un employé maîtrise son métier. Il est fiable, performant, autonome. Il connaît les clients, les processus et l’organisation.
La suite semble logique : on lui confie une équipe.
Mais le lundi suivant, son métier a changé.
Il doit maintenant déléguer un travail qu’il faisait lui-même. Donner une rétroaction difficile à un ancien collègue. Recadrer une performance insuffisante. Gérer des priorités contradictoires. Motiver des personnalités différentes. Faire avancer son équipe sans devenir le point de contrôle de chaque décision.
Et pourtant, on s’attend souvent à ce qu’il sache déjà comment faire.
La promotion était méritée. La préparation, elle, était absente.
Le problème n’est pas le manque de talent. C’est le changement de métier.
Être excellent dans son rôle ne prépare pas automatiquement à gérer d’autres personnes.
Le passage de contributeur individuel à gestionnaire impose un changement fondamental :
avant, votre performance dépendait principalement de ce que vous faisiez.
Maintenant, elle dépend aussi de ce que vous réussissez à faire accomplir aux autres.
C’est une différence considérable.
Et son impact dépasse largement le gestionnaire lui-même.
Gallup estime que le gestionnaire peut expliquer jusqu’à 70 % de la variation de l’engagement au sein d’une équipe.
Or, les données 2026 de Gallup montrent que seulement 20 % des employés dans le monde étaient engagés en 2025. Chez les gestionnaires eux-mêmes, l’engagement mondial est tombé à 22 %, contre 31 % en 2022. Dans la région États-Unis–Canada, l’engagement des employés atteint 31 %.
Le paradoxe est évident : nous demandons énormément aux gestionnaires au moment même où beaucoup d’entre eux manquent de soutien.
44 % : le chiffre qui devrait inquiéter les organisations
Selon Gallup, seulement 44 % des gestionnaires dans le monde déclarent avoir reçu une formation en management. Gallup observe également que les gestionnaires formés sont nettement moins susceptibles d’être activement désengagés.
Le problème n’est donc pas seulement de trouver de bons gestionnaires.
Il faut créer les conditions pour qu’ils puissent le devenir.
Une autre étude internationale menée par Cegos auprès de nouveaux gestionnaires et de professionnels RH révèle que 68 % des RH considèrent que les employés ne possèdent pas toujours les compétences comportementales nécessaires pour accéder à un premier poste de gestion.
Et une fois promus, 67 % des nouveaux gestionnaires déclarent voir leur temps de travail augmenter. Les compétences considérées comme prioritaires incluent notamment le leadership, la mobilisation, la communication claire et la prise de décision.
Autrement dit : beaucoup de nouveaux gestionnaires apprennent encore leur métier de gestionnaire en produisant leurs premières erreurs en conditions réelles.
C’est une méthode de formation. Simplement une méthode très coûteuse.
Les symptômes apparaissent rapidement
Un gestionnaire insuffisamment préparé ne devient pas nécessairement un « mauvais gestionnaire ».
Il développe souvent des mécanismes de compensation.
Il fait lui-même ce qu’il devrait déléguer.
Il évite une conversation difficile jusqu’à ce que le problème devienne urgent.
Il donne une tâche sans clarifier le niveau d’autonomie.
Il répond à toutes les questions au lieu d’apprendre à l’équipe à décider.
Il donne du feedback uniquement lorsque quelque chose va mal.
Il remplit son calendrier de réunions parce que l’information circule mal.
Puis l’organisation conclut que le gestionnaire « manque de temps ».
Le vrai problème est parfois ailleurs : il manque de système de gestion.
Ce qu’un gestionnaire doit réellement apprendre
Une formation efficace ne devrait pas chercher à fabriquer un « style de leader ».
Elle devrait d’abord développer des réflexes concrets.
1. Passer de l’exécution au leadership
La première rupture consiste à comprendre son nouveau rôle.
Le gestionnaire ne peut plus mesurer sa valeur uniquement à la quantité de travail qu’il produit personnellement. Il doit créer les conditions permettant à son équipe de produire.
Cela exige de savoir établir les attentes, répartir les responsabilités et définir les priorités.
2. Communiquer avant que le problème apparaisse
Une grande partie des difficultés de gestion commence par une ambiguïté :
« Je pensais que c’était urgent. »
« Je croyais que je pouvais décider. »
« Je ne savais pas que ce résultat était attendu. »
La communication managériale ne consiste donc pas simplement à « bien communiquer ».
Elle consiste à rendre explicites les attentes, les décisions, les responsabilités et les conséquences.
3. Déléguer sans créer de dépendance
Donner une tâche n’est pas déléguer.
Une délégation efficace précise notamment :
- le résultat attendu;
- ce que l’employé peut décider seul;
- ce qui doit être escaladé;
- les ressources disponibles;
- le moment où les deux parties se réaligneront.
Le but n’est pas seulement de transférer du travail.
Le but est de transférer progressivement de l’autonomie.
4. Savoir avoir les conversations que l’on préférerait éviter
Performance insuffisante. Tension entre collègues. Comportement problématique. Attentes non respectées.
Éviter une conversation difficile peut sembler confortable pendant quelques jours.
Le problème, lui, continue généralement de travailler.
Un gestionnaire doit savoir distinguer les faits des interprétations, expliquer l’impact d’une situation, établir une attente claire et convenir d’une prochaine étape.
5. Passer de « superviser » à « développer »
Les meilleurs gestionnaires ne règlent pas chaque problème pour leur équipe.
Ils améliorent progressivement la capacité de leur équipe à les résoudre.
Cela passe par le coaching, la rétroaction, les conversations de développement, la responsabilisation et une meilleure utilisation des forces de chacun.
Gallup constate d’ailleurs que la formation des gestionnaires au coaching et au développement des personnes peut être associée à une hausse allant jusqu’à 18 % de l’engagement de leurs équipes, ainsi qu’à une amélioration de plusieurs indicateurs de performance managériale.
Une formation en leadership doit produire des comportements, pas seulement des notes
Le test d’une formation n’est pas :
« Les participants ont-ils aimé la journée? »
La vraie question est :
« Que feront-ils différemment avec leur équipe lundi matin? »
Le développement des gestionnaires doit donc être applicable à des situations professionnelles réelles : délégation, communication, conversations difficiles, gestion de la performance, coaching, priorités, responsabilisation et adaptation au changement.
Les programmes Learning & Development d’Axxel HR sont justement construits autour de l’application pratique, des situations opérationnelles et d’outils utilisables dans le contexte réel des organisations.
Votre organisation a-t-elle réellement un problème de gestion?
Quelques questions suffisent.
Vos meilleurs employés deviennent-ils gestionnaires principalement parce qu’ils sont techniquement performants?
Les nouveaux gestionnaires continuent-ils à effectuer une grande partie du travail de leur équipe?
Les problèmes de performance sont-ils abordés tardivement?
Les employés remontent-ils constamment leurs décisions à leur gestionnaire?
Les gestionnaires disent-ils manquer de temps alors qu’ils ont du mal à déléguer?
Si plusieurs réponses sont « oui », ajouter une nouvelle procédure RH ne réglera probablement pas le problème.
Il faut renforcer les compétences de ceux qui transforment quotidiennement les politiques, les objectifs et la culture de l’entreprise en comportements concrets : les gestionnaires.
Passez de la promotion à la préparation : Manager Bootcamp d’Axxel HR
Cet automne, Axxel HR propose son Manager Bootcamp en anglais, conçu pour renforcer les compétences essentielles permettant aux gestionnaires de diriger, communiquer, déléguer, responsabiliser et développer leurs équipes.
Virtual Manager Bootcamp — English
4 demi-journées
15, 16, 22 et 23 septembre 2026
Un format virtuel réparti sur quatre sessions permettant d’intégrer les apprentissages progressivement tout en maintenant les responsabilités professionnelles.
In-Person Manager Bootcamp — English
2 journées complètes
20 et 22 octobre 2026
Montréal
Une expérience en présentiel conçue pour travailler les situations de gestion, échanger avec d’autres gestionnaires et transformer les concepts en réflexes applicables au travail.
Que vous souhaitiez préparer de nouveaux gestionnaires, renforcer les compétences de leaders déjà en poste ou bâtir une relève managériale plus solide, la question n’est plus simplement :
« Avons-nous de bons employés à promouvoir? »
La meilleure question est :
« Leur donnons-nous les outils nécessaires pour devenir les gestionnaires dont nos équipes ont besoin? »
Découvrez le Manager Bootcamp d’Axxel HR et préparez vos gestionnaires avant que le terrain ne se charge de leur formation.